CHAPITRE II : PHYSIOLOGIE DE LA REPRODUCTION

I. Fonction des gonades

Les testicules et les ovaires sont des organes à double fonctions (endocrine et exocrine).

1.  Fonction exocrine

L’activité exocrine est la production de gamètes par les gonades.

a)   Gonade mâle

L’activité exocrine de la gonade mâle est la production massive  et continue des spermatozoïdes.

La fonction exocrine est assurée par les tubes séminifères qui élaborent des spermatozoïdes qui sont stockés dans les épididymes puis les canaux déférents où ils acquièrent leur pouvoir de fécondité avant d’être expulsé vers l’extérieur pendant l’éjaculation.

La castration des testicules entraîne une stérilité par la suppression de la fabrication des spermatozoïdes.

b)   Gonade femelle

La gonade femelle est l’ovaire. Il produit les ovocytes qui sont expulsés à maturité. Chaque ovocyte évolue à l’intérieur d’un follicule. La folliculogenèse est la formation des follicules. Chaque follicule évolue du stade primordial au stade de follicule mûr. Au terme de son évolution le follicule mûr expulse l’ovocyte hors de l’ovaire.

·       Fonction endocrine

La fonction endocrine est la production d’hormones sexuelles déversées dans le sang.

a-   Gonade mâle

Le testicule assure la fonction endocrine en particulier au niveau des cellules interstitielles (ou cellules de Leydig). Ces cellules produisent  des hormones masculines appelées  androgènes dont la plus importante est la testostérone. L’action de la testostérone débute pendant la vie embryonnaire :

  • De la naissance à la puberté, elle permet la migration des testicules de la cavité abdominale vers le scrotum ; si cette migration ne se produit pas on parle de cryptorchidie et le mâle demeure stérile ;
  • Elle permet la différenciation, la croissance et le fonctionnement des organes reproducteurs ;
  • Elle est responsable de l’expression des caractères sexuels secondaires masculins ;
  • La testostérone agit localement sur les cellules de Sertoli afin de participer à la stimulation de la spermatogenèse ;

 

b-   Gonade femelle : le cycle menstruel

L’appareil génital de la femme est caractérisé par un fonctionnement cyclique qui débute à la puberté et s’achève à la ménopause (entre 45 et 55 ans). Le cycle menstruel est l’ensemble des phénomènes physiologiques, périodiques qui préparent l’organisme de la femme à une éventuelle fécondation. Il dure en moyenne vingt-huit jours, mais il peut être plus long ou plus bref, et n’est pas toujours régulier.

 Le début d’un cycle est marqué par la menstruation (d’où le nom de cycle menstruel). Durant le cycle menstruel, la muqueuse utérine s’épaissit en vue d’accueillir un embryon. Dans le même temps se produit le cycle ovarien, pendant lequel une cellule sexuelle féminine, ou ovocyte, mûrit en vue d’une fécondation.

  • Le cycle ovarien

Ce cycle peut être subdivisé en deux phases séparées par l’ovulation ou ponte ovulaire ou œstrus :

·       La phase folliculaire ou pré ovulatoire ou pré œstrus : elle est caractérisée par la croissance rapide de quelques follicules. Parmi ces follicules un seulement terminera sa croissance, les autres dégénèrent. Au terme de cette croissance le follicule mûr est visible à la surface de l’ovaire. Cette phase dure en moyenne 14 jours.

·       L’ovulation : Au quatorzième jour du cycle menstruel en moyenne, les contractions de l’ovaire provoque la rupture du follicule mûr : l’ovocyte mûr est libéré. L’ovulation marque la fin de la phase folliculaire.

·       La phase lutéinique ou lutéale ou post ovulatoire ou post œstrus : après l’ovulation le follicule rompu se transforme en corps jaune. Il fonctionne quelques jours et en l’ absence de fécondation régresse, adopte une forme de cicatrice et prend le nom de corpus albicans  (corps blanc) : un nouveau cycle ovarien peut reprendre.

  • Le cycle de l’utérus

La paroi de l’utérus est constituée d’une couche musculaire externe (ou myomètre) et d’une couche muqueuse interne (ou endomètre).

L’endomètre subit une série de transformation à chaque cycle.

·       Pendant la phase folliculaire, l’endomètre, s’épaissit progressivement et se creuse de glandes en doigt de gant.

·       Pendant la phase lutéale, l’endomètre continue à proliférer et atteint son épaisseur maximum. les glandes deviennent très tortueuses donnant à la muqueuse l’aspect de « dentelle utérine ». Les vaisseaux sanguins s’insinuent entre les glandes. Les contractions utérines qui existaient lors de la phase folliculaire cessent (« silence utérin »). L’endomètre présente alors une structure favorable à l’accueil éventuel d’un jeune embryon.

Si aucun embryon n’est venu s’implanter, il se produit à la fin de la phase lutéinique une régression de l’endomètre suivi de la destruction de la majeure partie de l’endomètre. des fragments de muqueuse mêlés de sang sont éliminés à l’extérieur : c’est la menstruation ou règle et le début d’un nouveau cycle.

 

II. La régulation hormonale

1.  Chez l’homme

Dans les testicules, deux types cellulaires sont les cibles de l’axe hypothalamus-hypophysaire : les cellules de Sertoli qui soutiennent la maturation des spermatozoïdes et les cellules de Leydig qui produisent la principale hormone sexuelle mâle, la testostérone.

  • La commande hypophysaire exercée sur les testicules

Le fonctionnement du testicule est stimulé par deux hormones hypophysaires, les gonadostimulines, sécrétées par l’hypophyse antérieure (ou antéhypophyse ou adénohypophyse) et contrôlant l’activité du testicule. Ce sont :

·       La FSH (Folliculo-stimuline- Hormone) active indirectement la spermatogenèse ; elle stimule en effet les cellules de Sertoli qui à leur tour favorisent l’action de la testostérone sur les cellules germinales.

·       La LH (Hormone Lutéinisante) stimule les cellules interstitielles ou cellules de Leydig qui, à leur tour, produisent la testostérone.

  • Les sécrétions hypophysaires sont elles-mêmes stimulées par une hormone, la gonadolibérine ou Gn-RH (Gn : gonadotrophine- RH : Releasing hormone) produite par des groupes de neurone de l’hypothalamus. La Gn-RH, neurohormone,  déclenche la libération des hormones de l’adénohypophyse (FSH et LH).
  • Le rétrocontrôle ou le feed-back exercé par le testicule sur le complexe hypothalamo-hypophysaire

Le rétrocontrôle effectué par la testostérone régule à la baisse la sécrétion hypothalamique de Gn-RH ce qui conduit à une réduction de la libération de FSH et LH. Mais en plus, la testostérone inhibe directement la libération de LH par l’adénohypophyse. Par contre, elle n’affecte pas la FSH, c’est une autre hormone sexuelle, l’inhibine produite par les cellules de Sertoli, qui freine la sécrétion hypophysaire de FSH.

Ce contrôle qui tend à réduire ou à annuler les sécrétions de ces organes est qualifié de rétrocontrôle négatif.

                  2-Chez la femme

La GnRH stimule toujours la production de LH et de FSH par l’hypophyse. Les hormones hypophysaires contrôlent l’activité ovarienne. La FSH agit et stimule le développement des follicules jusqu’à maturité. Elle active également la production des œstrogènes. La LH provoque l’ovulation et contribue à la transformation du follicule rompu en corps jaune puis entretient la production de la progestérone. Les hormones ovariennes contrôlent le cycle utérin. Pendant la phase folliculaire, les œstrogènes provoquent un début d’épaississement de la muqueuse utérine. Pendant la phase lutéinique la progestérone renforce l’action des œstrogènes et provoque un épaississement importante de la muqueuse utérine

Les hormones ovariennes influencent directement la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires. Pendant la phase folliculaire l’ augmentation progressive du taux des œstrogènes, freine la sécrétion de Gn-RH et par le fait même celle des gonadotrophines (FSH) ; il s’agit d’un rétrocontrôle à effet négatif. Mais, l’augmentation rapide du taux des œstrogènes dans le sang en fin de phase folliculaire stimule au contraire la sécrétion de LH, et par conséquent l’ovulation ; il s’agit d’un rétrocontrôle à effet positif. En fin de cycle la baisse des taux sanguins des hormones ovariennes (œstrogènes et progestérone) stimule la sécrétion des gonadotrophines ; un nouveau cycle ovarien commence.

Remarque :

Les stimuli externes, perçus par le système nerveux central, agissent également sur les sécrétions hypophysaires (donc sur les cycles sexuels) par l’intermédiaire de l’hypothalamus. Ces stimuli peuvent être sensoriels, psychique, affectifs ou provenant d’un stimulus vaginal.

III.       La gamétogenèse

1.  La gamétogenèse

La gamétogenèse est le processus qui aboutit, au cours de la vie d’un organisme, à la formation des cellules reproductrices, les gamètes. Chez l’homme, il s’agit de la spermatogenèse ; chez la femme, de l’ovogenèse.

La gamétogenèse peut se subdivisée en phases ou étapes: la phase de multiplication des gonies, la phase de croissance, la phase de maturation des gonies (méiose) et la phase de différenciation.

a)   La spermatogenèse

C’est la formation des spermatozoïdes.

Chez les mammifères, la spermatogenèse se déroule dans la paroi des tubes séminifères de façon centripète. Ce phénomène débute à la puberté  et se poursuit jusque vers la fin de la vie, et de façon continue.

  • Phase de multiplication

Elle débute dès la vie fœtale, devient très actif à la puberté et se poursuit jusqu’à la sénescence (vieillesse). Les cellules souches ou spermatogonies, diploïdes, situées à la périphérie du tube, se divisent par trois mitoses successives.

  • Phase d’accroissement

Elle est de durée assez brève. Chaque spermatogonie issue de la multiplication subit un faible accroissement de son volume pour devenir un spermatocyte de premier ordre à 2 n chromosomes (spermatocyte I).

  • Phase de maturation ou méiose

Elle commence à la puberté.

Chaque spermatocytes I subit alors une méiose donnant deux spermatocytes II (division réductionnelle), puis quatre spermatides haploïdes (division équationnelle).Les spermatides sont repoussées de plus en plus vers la lumière du tube séminifère.

  • Phase de différenciation ou spermiogénèse

Elle correspond aux changements morphologiques et biochimiques que subissent les spermatides pour devenir spermatozoïdes. Au cours de cette spermiogénèse, la spermatide, cellule arrondie à cytoplasme normal, évolue progressivement en spermatozoïde par : réduction du cytoplasme, réorganisation des organites cytoplasmiques et formation d’un flagelle.

 

b)   L’ovogenèse

Chez la femme, l’ovogenèse est discontinue. Elle débute dès la vie embryonnaire dans les ovaires. L’ovogénèse se déroule en trois phases car chez la femme la phase de différenciation n’existe pas.

  • Phase de multiplication :

Elle débute très tôt au cours de la vie fœtale et s’achève à la 15eme semaine.

Les ovogonies souches se multiplient activement par mitose mais cette phase de multiplication cesse avant (ou peu après)la naissance. Il se constitue ainsi un stock d’ovogonies chez la femelle. Mais une grande partie de ces ovogonies dégénère avant la naissance.

  • Phase d’accroissement :

Les ovogonies issues de la phase de multiplication vont subir un accroissement important (synthèse intense, accumulation de substances nutritives) pour devenir des ovocytes de premier ordre (ovocyte I). Très vite la croissance s’arrête et à la naissance tous les ovocytes sont bloqués en prophase de première division de méiose.

  • Phase de maturation ou méiose :

A la puberté, quelques ovocytes vont poursuivre leur évolution au hasard des cycles ovariens. Beaucoup après avoir commencé cette évolution vont dégénérer. On estime que chez la femme, 400 à 450 ovocytes évolueront normalement de la puberté à la ménopause. A chaque cycle, un  ovocyte I va subir une mitose réductionnelle qui aboutit à la formation d’un gros ovocyte II et un premier globule polaire. L’ovocyte II bloqué en métaphase II est expulsé au cours de l’ovulation. Le gamète femelle (ovocyte II) est recueilli par le pavillon et descend la trompe. S’il ne rencontre pas de spermatozoides il est éliminé à l’état d’ovocyte II. S’il rencontre des spermatozoides la fécondation déclenche la 2e division de méiose : l’ovocyte II expulse un deuxième globule polaire et devient un ovule. Ainsi l’ovogénèse ne se termine que si le gamète est fécondé.

c)   La méiose

La méiose est une succession de deux divisions dont la première est réductionnelle et la seconde équationnelle. Chacune des deux divisions comprend les 4 phases de la mitose. Chez les animaux, la méiose se déroule durant l’élaboration des gamètes ; chez les végétaux, elle produit des spores, qui par mitose donneront une génération haploïde. Elle donne des cellules haploïdes à partir des cellules diploïdes.

 

·      La division réductionnelle ou hétérotypique

Elle entraîne la séparation des paires de chromosomes. Chaque chromosome homologue migre à un pôle de la cellule. Deux cellules filles se forment par cytodiérèse avec chacune n chromosomes à 2 chromatides.

·      La prophase I

Les chromosomes à deux chromatides s’individualisent puis se rapprochent et s’apparient deux à  deux. Il se forme des bivalents ou paires de chromosomes homologues. Il ya ensuite apparition du fuseau achromatique et dislocation de la membrane nucléaire. Les chiasmas se forment au niveau des bivalents.

·      La métaphase I

Les centromères des chromosomes homologues de chaque bivalent se placent de part et d’autre de la plaque équatoriale. Il y a alors terminalisation des chiasmas, c’est-à-dire les chiasmas glissent au bout des chromatides.

·      L’anaphase I

Les chromosomes homologues de chaque bivalent se séparent l’un de l’autre et migrent vers les pôles opposés de la cellule. Il n’y a pas de division des centromères, chaque chromosome possède deux chromatides. A chaque pôle de la cellule se trouve un lot de n chromosomes.

·      La télophase I

Le fuseau se désorganise. Les noyaux se reconstituent à  chaque pôle. La cellule se divise en deux cellules –filles contenant chacune n chromosomes à 2 chromatides. Les chromosomes restent individualisés.

·      La division équationnelle ou homéotypique ou mitose normale.

Lors de cette division, les chromosomes se clivent en deux : les deux chromatides de chaque chromosome se séparent et migrent aux pôles opposés au sein de chaque cellule fille.

Elle présente également 4 phases et le résultat obtenu est celui d’une mitose normale. Les chromosomes possèdent chacun deux chromatides. Le nombre de chromosomes est n.

·      La prophase II

Elle est le prolongement de la télophase. Elle se réduit à la réapparition du fuseau achromatique.

·      La métaphase II

Les chromosomes ayant chacun deux chromatides migrent au centre de la cellule pour former la plaque équatoriale.

·      L’anaphase II

Le centromère de chaque chromosome se divise, séparant le chromosome en deux chromatides. Dans chaque cellule les chromatides de chaque chromosome migrent vers un pôle différent.

·      La télophase II

Chaque cellule se divise en deux cellules fille haploïdes qui reçoivent des chromosomes fils. Chaque lot de n chromosomes se reconstitue, les chromosomes se despiralisent, deviennent indistincts et reconstituent la chromatine. Le nucléole réapparaît, l’enveloppe nucléaire se forme à partir du réticulum endoplasmique. On obtient donc quatre cellules-filles à n chromosomes chacune.


 

·     Définition de la méiose

La méiose est un ensemble de divisions cellulaires successives qui à partir d’une cellule mère diploïde on obtient 4 cellules haploïdes.

·     Rôle de la méiose

·      Elle assure à toutes les générations le maintien du nombre de chromosomes caractéristique d’une espèce.

·     Chez les espèces haploïdes, la méiose intervient après la fécondation pour diviser la cellule-œuf (à 2n chromosomes).

·      Elle joue un rôle important dans le brassage génétique (mélange des gènes) et ce, grâce à  deux mécanismes de brassage : le brassage interchromosomique lors de l’anaphaseI, et le brassage intrachromosomique en prophase I.

 

·       Le brassage intrachromosomique : lors de la prophase, les chromosomes homologues sont très rapprochés et leurs chromatides peuvent entrer en contact. Les allèles réunis à ces endroits peuvent alors s’échanger, on parle de recombinaison homologue par crossing-over. Un allèle porté par un chromosome paternel se retrouve sur une chromatide du chromosome homologue maternel et vice versa.

·       Le brassage interchromosomique : au cours de la métaphase, le positionnement de chaque chromosome d’une paire se fait de manière aléatoire de chaque côté du plan équatorial de la cellule. Leur migration aux deux pôles de la cellule, lors de l’anaphase, sépare de façon indépendante les allèles maternels des allèles paternels, pour chaque paire de chromosome.

·      

Ces brassages génétiques entraînent de multiples possibilités de combinaisons alléliques.

2.  Les gamètes

a-   Notion de gamète

Le gamète est une cellule germinale (reproductrice) mâle ou femelle, produite par gamétogenèse dans les gonades. Le gamète est une cellule reproductrice mature spécialisé dont la fusion avec un autre est d’assurer la reproduction sexuée. Il existe deux types de gamètes : les gamètes mâles et les gamètes femelles.

 

 

 

b-   Le gamète mâle ou spermatozoïde

Le gamète mâle ou spermatozoïde est une cellule très petite comprenant une tête ovale formée par le noyau coiffé de l’acrosome, une pièce intermédiaire renfermant mitochondries et centrioles, et une queue formée par un long flagelle.

Le gamète mâle est caractérisé par son cytoplasme très réduit dépourvu de nombreux organites, il est pour la plupart du temps mobile et capable de déplacement actif. Cette mobilité est assurée par la pièce intermédiaire et le flagelle. Son pouvoir fécondant est acquis lors de la traversée de l’épididyme. Dans les voies génitales,  il acquiert la capacitation qui consiste en la modification des propriétés de la membrane cytoplasmique.

c-   Le gamète femelle ou ovule

L’ovule est une cellule volumineuse, qui contient beaucoup de cytoplasme et d’organites.

Le noyau est excentrique. A la périphérie de l’ovule, sous sa membrane plasmique, il y a les granules corticaux riches en enzymes. L’ovule, accompagné de son globule polaire est entouré d’une zone pellucide elle-même entourée de cellules folliculaires.

d-  Comparaison

·       Les similitudes entre un spermatozoïde et un ovule

Le spermatozoïde et l’ovule sont des cellules reproductrices haploïdes ayant un noyau, un cytoplasme et une membrane plasmique.

·       Les différences entre le spermatozoïde et l’ovule

Le spermatozoïde est mobile grâce à  son flagelle alors que l’ovule est immobile, mais se déplace passivement dans l’oviducte grâce aux mouvements ciliaires des cellules épithéliales.

Le spermatozoïde a un cytoplasme réduit pauvre en organites alors que le cytoplasme de l’ovule est abondant et riches en organites.

Le spermatozoïde est plus petit que l’ovule.

 

 

 

 

 

 

 

 

IV.       Fécondation et grossesse

1-  La fécondation

a-   La migration des gamètes dans les voies génitales femelles

–      La migration des gamètes femelles                                             Le gamète femelle expulsé de l’ovaire à l’ovulation est capté par le pavillon de la trompe qui recouvre l’ovaire de ses franges. L’ovocyte, immobile, descend ensuite la trompe grâce aux contractions de celui-ci et aux mouvements des cils vibratiles qui tapissent sa paroi ; il s’arrête au tiers supérieur de la trompe.                                                                     

– la migration des gamètes males : au moment de l’accouplement, les spermatozoïdes sont déposés au fond du vagin où l’acidité naturelle leur est hostile (beaucoup y meurent). Les survivants atteignent la glaire cervicale qui baigne le col. Elle va : faciliter le passage des spermatozoïdes mobiles, éliminer les spermatozoïdes anormaux ou immobiles, constituer un refuge pour beaucoup de spermatozoïdes qui peuvent y survivre plusieurs jours, éliminer le liquide séminal et « laver » les spermatozoïdes. Les spermatozoïdes qui franchissent le col utérin pénètrent dans la cavité utérine puis remontent les trompes.

·       Les étapes de la fécondation

·       La rencontre des gamètes

Un nombre réduit de spermatozoïdes parvient au niveau de l’ovocyte. La fixation de l’un d’entre eux à la surface de la zone pellucide déclenche la libération des enzymes de l’acrosome : schémas 1 et 2.

·       La pénétration du spermatozoïde et l’activation de l’ovocyte II

Les enzymes de l’acrosome permettent la pénétration de quelques spermatozoïdes dans la zone pellucide. L’un d’eux se fixe sur la membrane plasmique de l’ovocyte, après une reconnaissance spécifique.

Il se produit ensuite la fusion des membranes plasmiques de l’ovocyte et du spermatozoïde. La totalité de celui-ci pénètre dans le cytoplasme ovocytaire, ce qui provoque l’activation de l’ovocyte. Après reprise de ses activités métaboliques, celui-ci :

·       Devient le siège de la réaction corticale (expulsion du contenu des granules corticaux dans l’espace entre zone pellucide et ovocyte, et rétraction du cytoplasme) responsable de la monospermie car les enzymes libérées rendent la zone pellucide imperméable aux autres spermatozoïdes ;

·       Achève la deuxième division de la méiose et expulse le deuxième globule polaire. L’ovocyte est devenu maintenant un ovule. Schéma 3.

·       La caryogamie (schémas 4 et 5)

Le noyau de l’ovocyte et celui du spermatozoïde augmentent de volume suite à une duplication de leurs chromosomes. Ils deviennent alors des pronucléi. Les deux pronucléi formés se rapprochent et fusionnent : c’est la caryogamie. L’ovule fécondé devient alors une cellule œuf ou zygote.

 

 

2-  La grossesse

La grossesse qui dure 9 mois environ chez la femme, commence dès la nidation et se termine à l’accouchement. Elle  comprend deux étapes principales : la phase embryonnaire et la phase fœtale.

·       La phase  embryonnaire

Un embryon est un organisme en développement depuis la première division de l’œuf ou zygote jusqu’au stade où les principaux organes sont formés. L’embryologie est l’étude de la croissance d’un organisme durant toute la gestation. Le stade embryonnaire dure deux mois et se subdivise en deux étapes au cours desquelles la cellule œuf se développe et donne l’embryon et les annexes embryonnaires indispensables à sa vie.

·       L’étape du clivage (ou segmentation)

Pendant le premier mois l’œuf fécondé, au cours de sa migration dans la trompe utérine et l’utérus, va subir une série de mitoses successives (clivage). Ce clivage divise le zygote en 2 cellules filles (ou blastomères ou blastocyste), puis 4, puis 8 et 16 blastomères et ainsi de suite. Il aboutit à une masse cellulaire portant le nom de morula.

Au stade 8 à 16 blastomères, un phénomène de compaction initie la différenciation embryonnaire en générant une nouvelle répartition des cellules de la morula. Les cellules périphériques de la morula forment une couche nommée trophoblaste responsable des structures extra-embryonnaires (placenta, cordon ombilical, chorion). Les cellules les plus internes de la morula se regroupent pour former le bouton embryonnaire et donnent naissance à l’embryon proprement dit. A ce stade la morula est devenue blastocyste (blastula chez les animaux). Entre le 6e et le 10e jour de développement, le blastocyste s’implante dans le fond utérin grâce aux annexes embryonnaires : c’est la nidation ou ovo implantation.

·       L’étape de la gastrulation

Pendant le deuxième mois, les principaux organes se forment, c’est l’organogénèse.  La gastrulation a donc pour objectif la mise en place des tissus fondamentaux de l’embryon (ou feuillets). Le bouton embryonnaire se différencie pour donner:

Ø  Un ectoblaste (ou exoderme ou épiblaste) qui donnera naissance au système nerveux, à l’épiderme et aux organes de sens ;

Ø  Un endoblaste (ou endoderme ou entoblaste) qui donnera le revêtement épithélial du tube digestif, l’appareil respiratoire ;

Ø  Le mésoblaste qui se différencie entre les deux feuillets donnera naissance au squelette, aux muscles, au sang et tous les éléments conjonctifs de l’organisme.

On assiste également à la mise en place de l’amnios, et ce par l’apparition d’une cavité entre le bouton embryonnaire et le cytotrophoblaste.

 Le développement de l’embryon et la mise en place des organes suivent une programmation génétique : si l’embryon possède un chromosome Y, son évolution sera masculin et il se formera des testicules ; s’il ne possède pas de chromosomes Y, son évolution sera féminine et il se formera des ovaires.

 

·       La période fœtale

Elle dure 7 mois au cours desquels les caractères distinctifs de l’espèce humaine se précisent davantage. A partir du troisième mois, l’embryon poursuit son développement comme suit :

Au  3e  mois, les membres s’allonges, les reins apparaissent, il y a différenciation des organes génitaux externes : le sexe est reconnaissable. Peuvent en outre avoir Le 4e mois voit l’apparition des cheveux. L’appareil circulatoire est achevé ; il assure la nutrition de chaque cellule fœtale. Le rein, le pancréas, le tube digestif, le foie esquissent une activité. Le squelette s’organise et déjà le fœtus ébauche quelques mouvements que ne perçoit pas encore la mère.

Au 5e mois commence la maturation nerveuse ; les mouvements fœtaux se coordonnent, se propagent au corps entier, la mère sent bouger son enfant.

Au 6e mois les premiers reflexes apparaissent.

Au 7e mois, le cerveau « aménage » ses structures, les organes de sens se perfectionnent, le squelette s’ossifie, les muscles se renforcent. Au 8e mois le fœtus poursuit son développement et au 9e mois l’enfant est prêt à naitre.

              Rôle des annexes embryonnaires

–      Le chorion

C’est l’enveloppe externe du fœtus ; il est formé à partir du trophoblaste et assure la protection du fœtus.

–      L’amnios

Enveloppe formé à partir du bouton embryonnaire, il entoure complètement l’embryon. Il est rempli d’un liquide amniotique. Ce liquide constitue une protection contre les chocs et les agressions, mais Il évolue et se renouvelle au cours de la gestation. Le fœtus y rejette ses urines et les cellules usées de sa peau. Il déglutit aussi de temps en temps ce liquide.

 

·       Le placenta

Il se forme à partir du trophoblaste qui se creuse de lacunes en se ramifiant dans la muqueuse utérine. Il est rempli de sang maternel. Il est relié à l’embryon par le cordon ombilical et joue trois rôles :

·       Le rôle de filtre sélectif

Le placenta laisse passer en direction du sang fœtal l’eau, les ions, les vitamines, les nutriments, l’oxygène et certaines protéines. Il laisse aussi passer en direction du sang maternel le CO2 respiratoire et les déchets (urée) de son métabolisme.

Le placenta arrête la plupart des microbes et médicaments, mais il laisse passer presque tous les virus et certaines substances nocives pour le fœtus (alcool, nicotine,.. .).

·       Le rôle de producteur d’hormones

Au début de la grossesse, le placenta embryonnaire sécrète le HCG (human  chorionic gonadotrophin) qui agit sur l’ovaire pour maintenir le corps jaune cyclique et son développement en corps jaune gestatif. Celui-ci va continuer de produire les œstrogènes et les progestérones.

Après le 3e mois de grossesse, c’est le placenta lui-même qui prend progressivement le relais et assure seul cette production. Ces deux hormones maintiennent l’utérus dans un état favorable à la grossesse (développement de la musculature utérine, diminution de la contractilité…) en bloquant par rétroaction les cycles sexuels.

Le placenta sécrète également une hormone placentaire lactogène, la H.P.L. qui avec les œstrogènes et les progestérones assurent la maturation des glandes mammaires.

·       Le rôle d’organe fixateur

Le placenta assure la fixation de l’embryon.

 

V.          Parturition et lactation

1-  La parturition

La parturition (ou accouchement) est l’expulsion du fœtus au terme  de son développement.

Elle est déterminée par une baisse du taux plasmatique d’œstrogène et de progestérone, ce qui déclenche les contractions de l’utérus. Ces contractions sont ensuite entretenues et renforcées par l’ocytocine, une hormone produite par l’hypophyse postérieure.

Pendant la parturition, on distingue 3 phases :

·       Le début des contractions et la dilatation du col ; la femme ressent les premières contractions des muscles  de l’utérus  qui deviennent de plus en plus rapprochées : Le «  travail » a  commencé. Ces contractions aboutissent à l’ouverture du col de l’utérus.

·       L’expulsion du fœtus, des contractions plus intenses et très rapprochées poussent l’enfant dans le vagin puis à travers l’orifice vaginal, qui vont se distendre considérablement au passage. Une fois la tête sortie, le reste du corps passent facilement : l’enfant est né. 

·       Le décollement et l’expulsion du placenta et ses enveloppes, la fin de cette troisième étape marque la délivrance.

·       REMARQUE : la durée totale de l’accouchement est de 8 à 9 heures pour un premier enfant. Cependant elle varie selon le poids de l’enfant, âge de la mère, présentation du fœtus …

2-  La lactation

La lactation est un processus d’élaboration et de production du lait maternel.

Les cellules sécrétrices du lait, appelées acini, élaborent le lait à partir de constituants puisés dans le sang des vaisseaux qui les entourent.

L’élaboration des constituants du lait et leur excrétion dans la lumière de l’acinus sont des phénomènes continus. Par contre l’éjection du lait ne se produit que lors des tétées.

La lactation est sous le contrôle hormonal et nerveux.  Durant la grossesse, les œstrogènes, les progestérones, l’H.P.L stimulent le développement des canaux excréteurs et des acini. A la parturition, la sécrétion du lait est déclenchée par les bouleversements hormonaux.

Après l’accouchement, les sécrétions lactées sont entretenues par :

·       Les stimulations du mamelon ou du trayon provoquent une excitation qui chemine jusqu’à l’hypophyse : c’est la voie ascendante, nerveuse du reflexe ;

·       L’antéhypophyse sécrète de la prolactine, qui par voie sanguine agit sur les cellules des acini et entretiennent la sécrétion du lait. Voie descendante hormonale du reflexe.

·       la posthypophyse libère de l’ocytocine,  qui par voie sanguine agit sur les cellules contractiles en provoquant l’éjection du lait. Voie descendante hormonale du reflexe.

Les premiers jours après la naissance, les seins de la mère sécrètent un liquide jaunâtre, visqueux et très nutritif, le colostrum. Il est épais et riche en  vitamine et en sel minéraux. Il contient des immunoglobulines (anticorps) maternelles qui renforcent l’immunité du nouveau-né.

Le lait maternel est sans  aucun doute le meilleur aliment pour l’enfant car :

·       il contient toutes les catégories d’aliments nécessaires au bon développement de l’enfant ;

·       il contient des hormones et des anticorps qui aident le bébé à résister aux infections ;

·       il créer des liens forts et assure un bon équilibre du bébé.

 

 

 

 

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