CINQUIEME PARTIE : UNITE PHYSIOLOGIQUE DE L’ORGANISME (chapitre 4)

Chapitre IV : immunologie

  On appelle immunologie, la science qui étudie l’immunité, son support, son apparition, son développement et sa régulation. L’immunité est la capacité pour un être vivant à résister, à limiter le développement d’une maladie et à se débarrasser d’elle après avoir été infecté par des microorganismes ou parasites.

I)           Les moyens de défense de l’organisme

1)   Les barrières naturelles : les barrières anatomiques et leurs sécrétions

Les différentes barrières naturelles sont la peau et les muqueuses. –        La peau La peau sert d’enveloppe et protège l’organisme. Grâce à sa couche cornée, elle est imperméable à la plupart des microbes. Elle joue un rôle antibactérien par les lipides des glandes sébacées et la desquamation débarrasse la peau des gènes. La peau possède des cellules très juxtaposées et donc imperméable à la plupart des agents infectieux. –        Les muqueuses Grâce à leur sécrétion, les muqueuses refoulent les bactéries à l’extérieur et grâce à des cils vibratiles (cas des sécrétions nasales et bronchiques).

2)   Le système immunitaire (SI)

On appelle système immunitaire l’ensemble complexe de cellules d’organes et de molécules permettant à un organisme de produire une réponse spécifique et adaptée à l’invasion des microorganismes. Le système immunitaire comprend des organes lymphoïdes, les cellules immunitaires et les molécules immunitaires.  

II)         Le système immunitaire.

1)   Les organes du système immunitaire.

a-   Les organes lymphoïdes centraux ou primaires. Ce sont la moelle osseuse, le thymus. Ce sont des organes de maturation et le site majeur de la lymphopoïèse. –        La moelle osseuse. Les cellules du SI sont issues de cellules souches pluripotentes localisées dans la moelle osseuse (OS, sternum). C’est également dans la moelle qu’elles effectuent leur maturation. C’est le lieu de production de toutes les cellules de l’immunité et des cellules hématopoïétiques. –        Le thymus. C’est le lieu de maturation des lymphocytes T à partir de cellules lymphoïdes  issues de la moelle osseuse. Le thymus est peuplé de lymphocytes T dont la majorité reste dans le thymus et une partie (5%) circule dans le sang et la lymphe. Les lymphocytes, au cours de leur développement dans les organes lymphoïdes centraux, se différencient et vont acquérir leur compétence. C’est là que seront sélectionnées les cellules utiles, celles qui ont la capacité de reconnaître les corps étrangers à l’organisme. Ils sont ensuite libérés dans la circulation sanguine. b-   Les organes lymphoïdes périphériques ou secondaires Ce sont la rate, les ganglions lymphatiques, les amygdales et l’appendice. Ce sont les lieux de différenciation et de stockage des cellules immunitaires. Ce sont aussi les lieux de rencontre des cellules immunitaires avec leurs antigènes spécifiques. Ils assurent une partie du renouvellement des lymphocytes et amplifient la réponse.

2)   Les cellules du système immunitaire

Ce sont les monocytes, les polynucléaires, les lymphocytes B et les lymphocytes T. –        Les monocytes, ils ont la capacité de phagocyter des éléments de toutes sortes (bactéries, débris, virus, celles entières…). –        Les polynucléaires encore appelés granulocytes : il existe 3 catégories de granulocytes : les éosinophiles, les neutrophiles et les basophiles. ·       Les granulocytes neutrophiles englobent et digèrent les corps étrangers comme les microbes. Ils possèdent des granules qui peuvent être exocytés afin de limiter l’inflammation à l’endroit de l’infection. ·       Les granulocytes basophiles attirent les autres globules blancs en déversant l’histamine contenue dans leurs granules. ·       Les granulocytes éosinophiles sécrètent des substances qui tendent à limiter l’action de l’histamine des granulocytes basophiles. Ils attaquent aux parasites de l’organisme, sans les phagocyter, mais déversent des enzymes destinés à les détruire. Les monocytes et les polynucléaires sont spécialisés dans la réponse immunitaire non spécifique, grâce à leur capacité de phagocytose. –        Les lymphocytes B : ils sont issus de la moelle osseuse. C’est là également qu’ils effectuent leur maturation. Sous l’action d’un corps étranger, les lymphocytes B se multiplient puis se transforment activement pour donner des plasmocytes, cellules spécialisées dans la production d’anticorps rejetés dans le plasma. –        Les lymphocytes T : ils ont la même origine que les LB mais ils subissent leur maturation dans le thymus où ils recevraient une « éducation » leur permettant de reconnaître les corps étrangers. On les trouve dans les organes lymphoïdes périphériques et dans le sang. Les LT expriment à leur surface deux types de molécules : la molécule CD8 et la molécule CD4. On distingue ainsi : ·       Les lymphocytes T CD8 (LT8) qui se différencient en lymphocytes cytotoxiques ou lymphocyte TC. Ils reconnaissent les cellules infectées et les détruisent. ·       Les lymphocytes T CD4 (LT4) qui se différencient en lymphocytes T helpers ou auxiliaires. Ils ont pour rôle d’activer des cellules de la réaction immunitaires : les macrophages, les lymphocytes B mais aussi les lymphocytes TC. Cette fonction leur a donné leur nom : lymphocytes T helpers. Remarque : il existe des lymphocytes ni T ni B. ce sont des cellules dénommées cellules NK. On les appelle des cellules tueuses naturelles car elles exercent un effet cytotoxique direct sur les cellules anormales. Les lymphocytes se différencient des monocytes par le fait chez les lymphocytes le noyau est arrondi et plus volumineux avec un cytoplasme clair et peu abondant ; tandis que chez les monocytes le noyau est lobé avec un cytoplasme abondant et granuleux. Les lymphocytes B se différencient des lymphocytes T par le fait que les LB se différencient et deviennent mature dans la moelle osseuse alors que les LT se différencient et deviennent matures dans le thymus.

3)   Les molécules du SI

Les cellules de l’immunité exercent leurs fonctions par l’intermédiaire de molécules qu’elles produisent. Ce sont : les molécules du complément, les molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH ou HLA), les récepteurs d’antigènes des LT (TCR),  les récepteurs d’antigènes des LB (BCR), les immunoglobulines (anticorps) et les cytokines. –        Les molécules du complément Le complément est une molécule complexe comportant une vingtaine de sous-unités appartenant à l’immunité naturelle et qui est produit par les macrophages. On le trouve dans le sérum ou le plasma. Lorsqu’il est activé il peut conduire à 4 fonctions principales : ·       La lyse des microbes grâce à  son complexe d’attaque membranaire ; ·       L’opsonisation, c’est-à-dire facilite la phagocytose en se faisant reconnaître par les récepteurs des phagocytes par fixation sur les cellules étrangères ; ·       L’élimination des complexes antigènes – anticorps ; –        Les molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH ou HLA) Le CMH est une région chromosomique contenant les gènes qui contrôlent le rejet des allogreffes. Ce sont des molécules que présentent la surface des cellules d’un individu et qui constituent son identité. Les cellules de CMH sont très diversifiées mais ne varient que d’une personne à l’autre. Ils sont utilisés pour présenter l’antigène aux lymphocytes afin d’amorcer la réaction immunitaire spécifique. Le CMH code pour 2 protéines correspondant aux 2 classes de molécules : les molécules de classe I et les molécules de classe II. La molécule de classe I est nécessaire à l’expression de tous les antigènes de classe I. Elle s’exprime sur toutes les cellules nucléées de l’organisme. Elle constitue la carte d’identité de l’individu. Les molécules de classe II ont leurs antigènes exprimés sur les LB et les CPA (macrophages). Elles permettent la reconnaissance et la communication de ces cellules entre elles. –        Les récepteurs d’antigènes des LT (TCR) Les TCR sont des récepteurs d’antigènes présents à la surface des lymphocytes T. ils permettent aux lymphocytes T de reconnaître les antigènes associés au CMH et de se fixer à eux pour initier la réponse immunitaire spécifique. Le TCR offre la capacité de reconnaître un peptide associé à une molécule de CMH. –        Les récepteurs d’antigènes des LB (BCR) Le BCR est un récepteur d’antigènes présent à la surface des lymphocytes B qui reconnait l’antigène sur sa forme native (protéine, polysaccharide, …). Ils permettent aux LB de reconnaître les antigènes associés au CMH et de fixer à eux pour initier la réponse immunitaire spécifique. –        Les immunoglobulines (Ig). Ce sont des glycoprotéines présentent dans le sérum et les fluides tissulaires de tous les mammifères. Certaines sont portées à la surface des LB où elles jouent le rôle de récepteur d’antigènes, d’autres (anticorps) sont libres dans le sang et la lymphe. Il existe plusieurs classes et sous-classes d’Ig. –        Les cytokines Cytokine est un terme générique utilisé pour un ensemble de molécules impliquées dans la signalisation intercellulaire au cours des réponses immunitaires. Toutes les cytokines sont des protéines, glycoprotéines ou des peptides. Elles sont sécrétées par les lymphocytes Th, les macrophages, les cellules épithéliales. Ce sont : ·       les interférons (IFNS), important dans la limitation de l’expansion de certaines infections virales ; ·       les interleukines (Ils)  induisent la division et la différenciation cellulaire.    

III)       Les mécanismes de la défense immunitaire

1)   Reconnaissance du soi et du non soi

Tout être vivant est conçu pour reconnaître et tolérer ce qui lui appartient et qui lui a été confié génétiquement. Le soi est l’ensemble de molécules susceptibles d’être reconnues par le système immunitaire résultant de l’expression de son génome  et propre à un individu. Lorsque ces molécules permettent de caractériser un individu donné, ils sont dits « marqueurs privés ». Les marqueurs du soi deviennent des antigènes chez un autre individu. Le non-soi correspond à toutes les molécules ne résultant pas de l’expression du génome d’un individu, c’est-à-dire tout ce qui est étranger à l’organisme et différent du soi. Le non-soi peut être : les antigènes particulaires (microbes, particules virales), les antigènes solubles (toxines microbiennes, molécules diverses) et le soi modifié. Pour garantir son intégrité, l’organisme doit développer des mécanismes de reconnaissance du soi et du non-soi.  Ces mécanismes se font grâce à la reconnaissance des marqueurs d’identité constituant les antigènes.

2)   La réponse immunitaire non spécifique.

La réponse immunitaire non spécifique est celle qui est indépendante de la nature de l’antigène. Elle se déroule à tous les niveaux de l’organisme. L’organisme s’oppose à l’invasion d’éléments étrangers en faisant intervenir des processus immédiats, non spécifiques : la phagocytose et l’inflammation. a)   La phagocytose. Elle est due à l’action des cellules spécialisées ou phagocytes : les granulocytes neutrophiles (polynucléaires) et les macrophages. Ces derniers sont ceux qui interviennent le plus et proviennent de la transformation des monocytes sanguins. Les phagocytes sont capables d’absorber des éléments  étrangers ou anormaux. Le mécanisme se déroule en plusieurs phases qui sont: –        L’adhésion : pendant cette phase le phagocyte émet des expansions appelées pseudopodes qui entourent le corps étranger ; –        L’absorption, au cours de laquelle le corps étranger est englobé dans une vésicule, le phagosome ; –        La digestion de l’antigène dans les phagosomes au sein desquels les vésicules golgiennes (lysosomes) déversent les enzymes hydrolytiques ; –        Le rejet des débris issus de la digestion hors du phagosome ou leur association à une molécule du CMH dans l’appareil de Golgi. A la surface du phagocyte, ils jouent le rôle d’antigène et le phagocyte devient une cellule présentatrice de l’antigène. La phagocytose se réalise immédiatement après toute agression et assure ainsi une défense immédiate de l’organisme. Au cours de cette défense, la phagocytose est opérée sans distinction sur tout corps étranger : c’est la défense non spécifique. b)   L’inflammation La réaction inflammatoire correspond à l’ensemble des phénomènes, humoraux et vasculaires d’un tissu vivant en réaction à une agression. Disséminées dans tout l’organisme, les cellules du SI, en cas d’infection sont drainées de même que leurs produits vers le site de l’infection. Les étapes sont : –        Libération de molécules préformées par les mastocytes (histamines et sérotonines) ; –        L’augmentation du flux sanguin vers la région infectée (vasodilatation) entrainant une tumeur, une rougeur et une douleur locale ; –        L’augmentation de la perméabilité  capillaire due à la rétraction des cellules endothéliales. Ceci permet aux grosses cellules d’échapper des capillaires sanguins (diapédèse), permettant ainsi aux médiateurs solubles de l’immunité d’atteindre le site infectieux ; –        La migration des leucocytes vers le site de l’inflammation, les neutrophiles d’abord puis plutard les monocytes et les lymphocytes migrent aussi vers le site infectieux. L’immunité non spécifique est donc polyvalente, existe avant tout contact avec l’agent infectieux, quelque soit l’agent infectieux rencontré, le mode d’action est le même. Elle est assurée par  d’abord par la peau et les muqueuses, premières barrières naturelles auxquelles se buttent les assaillants et ensuite l’inflammation, la première barrière que rencontrent les microorganismes pathogènes qui franchissent notre enveloppe corporelle. La phagocytose peut aboutir à l’éradication totale du microbe et l’inflammation s’arrête ; dans le cas contraire, l’organisme a recours à l’immunité spécifique.

3)   La réponse immunitaire spécifique.

En dehors de la phagocytose au cours de laquelle les intervenants sont indépendants de l’intrus, l’organisme peut aussi mettre en œuvre des mécanismes de défense plus lents et nécessitant une reconnaissance de l’agresseur. a)   Notion d’antigène Un antigène est une molécule qui introduite dans l’organisme d’un animal est capable d’induire le développement d’une réponse immunitaire spécifique puis de réagir avec les produits de cette réponse. La réponse immunitaire est soit une production d’anticorps circulants, soit une activation des lymphocytes. En réalité, les éléments du SI ne reconnaissent que certaines parties de l’antigène appelées épitopes ou déterminants antigéniques. Le déterminant antigénique ou épitope est la région de l’antigène reconnue par les récepteurs membranaires des lymphocytes (TCR et BCR). C’est la seule partie active de l’antigène. b)   Mécanisme de la réponse immunitaire spécifique Une réponse immunitaire spécifique est une réponse qui passe par la reconnaissance de l’agent à attaquer et la mise en mémoire de cet événement. Elle se caractérise par le fait qu’elle est spécialement dirigée contre l’antigène qui l’a déclenchée. Elle crée l’immunité acquise, celle qui se développe au fil des ans en conséquence des rencontres que notre organisme fait avec des molécules étrangères spécifiques. Elle est capable de se souvenir de tous les ennemis qu’elle a déjà eu à combattre. On parle de mémoire immunitaire. Les cellules réceptrices (LB, macrophages) captent les informations relatives à l’antigène et après communication, les cellules effectrices (plasmocytes, LT) agissent sur les antigènes de l’agresseur par voie humorale ou par médiation cellulaire. La réponse immunitaire spécifique comporte donc une réponse immunitaire à médiation cellulaire et une réponse immunitaire à médiation humorale, mais qui agissent en étroite collaboration. –        La réponse immunitaire spécifique à médiation humorale C’est le type d’immunité réalisée par l’intermédiaire des anticorps. Elle est assurée par les lymphocytes B. La stimulation antigénique provoque chez les LB leur multiplication clonale  en LB effectrices avec différenciation de certains en plasmocytes. Ces dernières sécrètent des anticorps spécifiques de l’antigène. Les autres LB se transforment en LB mémoire. Les complexes immuns sont absorbés par les phagocytes. –        La réponse immunitaire spécifique à médiation cellulaire. La réaction à médiation cellulaire met en jeu des lymphocytes T cytotoxiques. La stimulation antigénique provoque la transformation des lymphocytes et leur multiplication en cellules effectrices ou cellules mémoires. Les cellules effectrices LTC ou LT8 apparaissent dans la zone paracorticale des ganglions mais aussi parmi les lymphocytes circulants. Elles sont directement activées (LTC) ou elles élaborent et sécrètent des toxines appelées ‘’lymphokines’’ responsables de l’expression de la réaction immunitaire à médiation cellulaire. Les LT mémoires sont les LTh ou LT4. Elles sont spécifiques de l’antigène qui a induit leur production. Elles ont une longue durée de vie et se multiplient à chaque stimulation antigénique. Ils sécrètent des interleukines qui permettent d’amplifier la croissance et la différenciation des LB en plasmocytes.

4)   Mise en mémoire

a)   Mémoire immunitaire La mémoire immunitaire est constituée par les LB. Dans le SI, l’antigène est d’abord capté par les CPA que sont les macrophages qui retiennent sur la membrane des fragments de cet antigène. Ils présentent  les déterminants antigéniques associés aux antigènes du CMH de classe II aux LT. Les LT4 reconnaissent l’antigène présenté avec les molécules du soi grâce à leur TCR. Ces LT secrètent des interleukines qui viennent interagir avec : –        Les LB qui de leur côté reconnaissent l’antigène libre par leur BCR. Ils sont stimulés à proliférer donnant naissance aux plasmocytes. –        Les LT8 sous l’effet de ces médiateurs chimiques, deviennent capables de détruire les cellules infectées. –        Les molécules du complément qui sont activées par le complexe immun pour qu’elles agissent avec les IgG fixés à la surface des cellules étrangères pour les détruire. La nature des anticorps produits en réponse à la stimulation par les IL et les taux atteints, varient selon qu’il s’agisse d’un premier contact avec l’antigène (réponse primaire) ou d’un deuxième contact (réponse secondaire). La réponse primaire est la première réaction immunitaire spécifique après l’entrée d’un antigène dans un organisme. Elle n’apparaît qu’au bout d’une semaine et se caractérise par la présence d’IgM dans le sang. La réponse secondaire est la réaction spécifique du SI à un contact ultérieur avec l’antigène. La réponse immunitaire secondaire est plus rapide que celle primaire. Elle est réalisée par les LB mémoires qui libèrent de grande quantité d’IgG. b)   Vaccin Définition Le vaccin est une préparation de microorganismes ou de leurs composés antigéniques qui introduite chez un sujet crée un état d’immunité contre un agent pathogène déterminé mais qui ne provoque pas de maladies. Mode d’action des vaccins Le principe consiste à présenter au SI le virus ou la bactérie immunologique et inoffensive. Le premier contact avec l’antigène présent dans le vaccin entraîne une réaction immunitaire lente et quantitativement peu importante. C’est la réponse primaire qui doit être renforcée par un ou plusieurs rappels. La conséquence du ou des rappels est d’entraîner une réaction immunitaire efficace plus rapide et plus intense à l’origine d’une protection efficace et durable. Cette protection repose sur le fait qu’en cas d’entrée ultérieure du pathogène virulent dans l’organisme immunisé, les défenses immunitaires acquises sont rapidement fonctionnelles. L’organisme a conservé la mémoire des antigènes qui lui ont été présentés auparavant. Cette mémoire a été matérialisée par les LB mémoires et des LT4 mémoires spécifiques de ces antigènes et à longue durée. Ainsi, des anticorps spécifiques ou des LT cytotoxiques entrent vite en action. Le vaccin est à titre préventif. Facteurs d’efficacité d’un vaccin. Un vaccin doit être très immunogène sans entraîner des effets secondaires. L’efficacité dépend du nombre et de la durée de vie des cellules en mémoire qui ont été formées au cours de la réponse immunitaire de l’individu. La réponse immunitaire provoquée par le vaccin doit être importante. Facteurs de durée d’un vaccin La durée d’un vaccin dépend : –        Des fréquences des rappels nécessaires ; –        Renforcement de la stimulation immunitaire en associant plusieurs vaccins ; –        Nombre et durée de vie des cellules à mémoires qui sont formées au cours de la réponse immunitaire.  

IV)        Le système immunitaire et le VIH

1)   Le VIH

Le VIH, Virus de l’Immunodéficience Humaine existe en deux « variantes » appelées VIH1 et VIH2. Le VIH1 a été isolé pour la première fois le 20 mai 1983 et le VIH2 en 1985. Le VIH est une petite particule de forme sphérique et comportant une enveloppe externe protéique surmontée de molécules qui interviennent aussi bien dans le mécanisme de l’infection des cellules du SI que dans la capacité de ces cellules à les reconnaître. Ce sont les glycoprotéines (GP120 et 41). A l’intérieur se trouve le noyau contenant : –        L’ARN viral qui est le matériel génétique ou l’ensemble du programme contenant toutes les informations permettant au virus de se reproduire par réplication virale. –        Les enzymes de la réplication dont la Reverse Transcriptase, les intégrases, les protéases qui sont autant d’éléments de la machinerie de multiplication du virus. –        Sur le pourtour du VIH on peut observer des protéines du CMH. Comme le VIH possède une enzyme particulière, la transcriptase reverse, il est classé dans le groupe des rétrovirus. Un rétrovirus est un virus dont le matériel génétique est composé essentiellement d’ARN. Cet ARN est transcrit en ADN par la transcriptase inverse. La particularité du VIH est sa grande variabilité génétique.

2)   Le système immunitaire face au VIH

–        Les cellules cibles du VIH. Le VIH a une très grande affinité pour les LT4  ou CD4+ par complémentarité moléculaire ; alors que Les LT4 facilitent l’activité des plasmocytes, des LTC ou T8 capables de tuer toute cellule porteuse du motif antigénique contre lequel ils ont été activés. Ce sont les chefs d’orchestre du SI. Ce sont d’eux qui contrôlent, coordonnent la défense de l’organisme et la fabrication des anticorps. –        Mécanisme du développement du VIH /SIDA. Le virus se fixe au LT4 sain par l’intermédiaire d’une protéine de surface qui se fixe au récepteur CD4 du lymphocyte. Ce dernier internalise la nucléocapside virale qui libère son ARN dans le cytoplasme du LT4. Une fois à l’intérieur de LT4, l’ARN viral est transcrit en ADN intégré à celui du LT4 par la RT. Cet ADN intégré va s’intégrer dans le génome du LT4 et détourner la machinerie de synthèse protéique à son compte. La production virale commence et les VIH vont infecter d’autres LT4.Lorsque les virus sont libérés, la lyse de la membrane entraîne la mort  du lymphocyte. Le VIH déclenche les réactions immunitaires normales contre les LT4 infectés. C’est l’action des LTCD8. Enfin les protéines de surface du virus peuvent circuler dans le sang et se lier aux récepteurs CD4 des cellules saines. Elles déclenchent alors une réponse immunitaire à médiation cellulaire avec intervention des lymphocytes cytotoxiques T8.

3)   Mode d’action des antirétroviraux (ARV).

Un antirétroviral (ARV) est une classe de médicaments utilisés pour le traitement des infections liées aux rétrovirus. Les rétrovirus parasitent la machinerie cellulaire et la détournent. Ils bloquent la machinerie de transcription des cellules saines pour bloquer celle du rétrovirus revient à tuer ces cellules saines. Les molécules antirétrovirales sont dirigées contre les enzymes ou autre molécules spécifiques du virus, comme la transcriptase inverse, les protéases procédant à la création des nouveaux virions. Les ARV limitent donc la multiplication du VIH en bloquant une étape de son cycle de réplication : soit son entrée dans la cellule, soit l’action de l’une des trois enzymes (transcriptase inverse, intégrase, protéase). En réalité les médicaments antirétroviraux disponibles appartiennent à 2 grandes catégories : les inhibiteurs de transcriptase inverse et les anti-protéases. Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse sont les premiers antirétroviraux développés. Ils sont actifs sur le VIH-1 et -2. Ils nécessitent pour être actifs d’être phosphorylés dans le milieu intracellulaire. Ils rentrent ensuite en compétition avec les substrats naturels de la transcriptase inverse et inhibent l’action de cette dernière. Ils bloquent ainsi la fabrication d’ADN pro-viral. Les inhibiteurs nucléotidiques de la transcriptase inverse fonctionnent de la même manière que les INTI mais possèdent déjà une phosphorylation. Les inhibiteurs de protéases agissent sur le VIH-1 et -2, et sont spécifiques et réversibles de ces enzymes. Ils entraînent la production de particules virales immatures et non infectieuses.  

V)          Les dysfonctionnements du système immunitaire.

Jusqu’à présent, le SI a été présent comme étant infaillible. Cependant, il est des occasions où le SI peut être lui-même la source de maladies ou d’effets indésirables. Un dysfonctionnement se produit avec des conséquences pathologiques (immunité par excès ou immunité par défaut).

1)   L’auto-immunité

C’est une réaction immunitaire inappropriée de l’organisme contre ses propres antigènes. Il s’agit donc d’une production par un organisme, d’anticorps et de LT orientée contre des déterminants portés par ses propres constituants. Elle peut être non pathogène si le sujet élimine certains constituants. Elle peut devenir pathogène quand son intensité est trop forte. L’organisme retourne contre lui-même tous ses systèmes de défense immunitaire. On parle d’auto- antigène. Les auto-antigènes sont des antigènes présents dans les cellules même de l’animal ou du sujet produisant les anticorps. Exemples de maladies auto-immunes –        La sclérose en plaque.  L’organisme de l’individu malade produit des auto-anticorps qui bloquent les récepteurs à acétylcholine des plaques motrices, et détruisent la gaine de myéline. La conduction des potentiels d’action est ralentie et les canaux à  Na+ se multiplient en dehors des nœuds de Ranvier. –        Le diabète de type I ou insulinodépendant. L’organisme du sujet malade fabrique des auto-anticorps qui détruisent les cellules ß des îlots de Langerhans du pancréas productrices d’insuline.  

2)   Les allergies

Une allergie est une réaction immunitaire excessive ou disproportionnée par rapport au danger. On appelle allergène la substance à laquelle un individu est hypersensible après un second contact avec celle-ci. On distingue l’hypersensibilité immédiate et l’hypersensibilité retardée. –        L’hypersensibilité immédiate à médiation humorale est médiatée par les anticorps de type Ig E et des cellules libérant des médiateurs de l’inflammation : elle est à médiation humorale. Elle se déclenche 5-15 mn après le second contact avec l’allergène. Exemples : asthme, rhume des foins. Ses phases sont : la sensibilisation correspondant à la stimulation antigénique et le déclenchement d’une réponse immune lors d’un nouveau contact. –        L’hypersensibilité retardée à médiation cellulaire est médiatée par les LT qui mobilisent des cellules responsables des lésions : elle est à médiation cellulaire : l’eczéma, l’éruption cutanée causant des démangeaisons.  

VI)        Les greffes et rejets de greffes

1)   Les greffes.

–        Définition  Une greffe est un transfert de tissu ou d’un fragment d’organe dans un même organisme ou entre 2 organismes différents. Lorsque c’est un organe entier qui est greffé, on parle de transplantation. –        Les types de greffes Selon la parenté du donneur et du receveur, on distingue plusieurs types de greffes et leur réussite est très variable : les xénogreffes, les allogreffes ou homogreffes et les isogreffes ou syngéniques. ·       La xénogreffe est une greffe où le donneur et le receveur appartiennent à des espèces différentes (donc génétiquement très différents). Il y a nécrose puis rejet vers le 3è jour, même en présence des immunodépresseurs. ·       L’allogreffe ou homogreffe : c’est la greffe entre deux individus de la même espèce mais génétiquement différents. Il se produit un rejet si les marqueurs du « soi » du donneur sont différents de ceux du receveur, en absence d’immunosuppression. Le greffon se vascularise le 3è jour, un rejet se produit le 8è jour. En cas d’une 2è implantation avec le même greffon, le rejet est plus rapide à cause de la mémoire immunitaire. ·       L’isogreffe ou syngénique : c’est la greffe entre deux individus ayant le même soi immunologique. Donneur et receveur sont génétiquement identiques. C’est le cas des vrais jumeaux.

2)   Les rejets de greffes

Dans le cas où il n’y a pas de compatibilité  du système HLA ou CMH entre le donneur et le receveur, il y’a rejet de greffe. En effet, certains lymphocytes B et T matures du greffon peuvent reconnaître chez le receveur des antigènes nouveaux par les anticorps spécifiques anti-lymphocytaires et entraîner le rejet de la greffe. (Cas de la greffe de la moelle épinière). Le taux d’échec dans cette technique qui avoisine 50% est aussi dû à l’infection qui peut survenir pendant le temps de reconstitution immunologique ou réaction du greffon contre l’hôte. Le succès de cette technique nécessite qu’il existe entre le donneur et le receveur une parfaite compatibilité du système HLA ou CMH ; à cause de l’existence des antigènes mineurs d’histocompatibilité. Il est donc important que le donneur et le receveur appartiennent au même groupe tissulaire. Pour éviter les rejets on pourra modérer ou supprimer ces réactions immunitaires par irradiation totale ou ablation d’organes lymphoïdes. On peut aussi réussir la greffe en recherchant la parenté maximale entre donneur et receveur (entre frères et sœurs « histocompatibles », même CMH). Les méthodes immunodépressives et la sérothérapie préventive viennent ensuite compenser les lacunes de la compatibilité donneur-receveur, ce qui a conduit à un prodigieux développement des transplantations.      
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